Assouplissement quantitatif & bilan des banques centrales

A plusieurs reprises j’ai publié sur l’assouplissement quantitatif de la banque centrale européenne, et de celui de la FED, la réserve fédérale américaine. La baisse des taux directeurs ne suffisant plus, surtout lorsqu’ils s’approchent de zéro, d’autres outils de politique monétaire consistent en le recours au QE – assouplissement quantitatif ou quantitative easing. Le fait est que cet argent, certes venu de nulle part, est néanmoins ajouté au passif du bilan des banques centrales ou liabilities de la balance sheet en anglais. Il faut donc réinjecter ses titres contre de l’argent liquide à un moment ou à un autre.

Les banques centrales obéissent aux mêmes contraintes que les banques commerciales qui associent à la création monétaire de la destruction monétaire.

Extrait de the economist confirmant mes propos, numéro du 23 septembre 2017, page 9 :

The federal reserve confirmed that it is (about) to unwind the 4.2 trillions USD (whaaaou, I thought it was less than 4.2 trillions), portfolio of treasuries bonds and mortgage backed securities that it has accumulated since the financial crisis. The Fed will reduce its holdings very slowly, at first bu 10bn a month for three months, and then by a further $10 bn every quarter to a maximum of $50bn a month. The announcement had been long heralded; markets were not that surprised.

Ce qui sous entend que nous sommes dans une phase d’expansion économique importante aux USA. Qui nous conduira de nouveau vers une crise dans quelques années, probablement moins de 7-8 ans, en tout cas moins de 10 ans. Il faudra surtout surveiller les taux qui commencent à remonter.

Le comportement et le choix entre Epargne ou investissement(conso) est différent entre les entreprises et les ménages selon une nouvelle étude américaine

Une publication de plus en français. J’ai été lassé ces derniers temps de tout faire en anglais.

Je tiens ici à préciser que les informations que je vais vous donner sont parcellaires et basée sur une écoute hasardeuse de la radio (BFM business ?) ce soir. J’ai jugé utile de coucher sur papier le raisonnement et les réflexions entendues pour en garder une trace et étudier plus en profondeur ce qui me semble être une piste intéressante.

Une étude américaine vient de montrer il y a quelques mois que les ménages et les entreprises ont un comportement différent lorsqu’ils détiennent un surplus de liquidité. Si l’on admet que la fonction d’investissement est presque une prérogative exclusive des entreprises (à part pour le logement) comparés aux ménages, cette études s’intéresse au comportement des entreprises en tant que personne morale comparé aux ménages (qui sont des entités plus petites et plus proches des personnes physiques (un ménage pouvant d’ailleurs être constitué d’une seule et unique personne).

Ce qu’on apprend est que les entreprises épargnent beaucoup plus que les ménages, au lieu d’investir. Elles n’investissent pas assez. En fait elle deviennent des acteurs financiers, créditeurs, qui au lieu de dépenser de l’argent, en mettent de côté, et bien entendu, le prêtent. C’est un comportement de sur accumulation qui a pour conséquence au niveau mondial, un excès de liquidité et un déficit de demande en liquidité et d’utilisation productive de l’argent gagné par les entreprises.

Ce phénomène serait peut être bien ce qui nous entraine vers une stagnation séculaire et planétaire.

Je rappelle quand même que les entreprises sont les premiers moteurs de la création de valeur, la fameuse valeur ajoutée dont le PIB est l’agrégat au niveau d’un pays. Plus que les administrations publiques ou les ménages. Reste à confirmer ceci par des chiffres. J’ai expliqué dans une vidéo que la dette privée (ménage+entreprise) représentaient environ 40% du PIB français (un niveau inférieur à celui des Etats unis, alors que la dette publique représente grosso modo presque 100%.

Quand on met cela en parallèle avec l’assouplissement quantitatif agressif (tant de l’Europe que des Etats-Unis), on prend peur quant à l’importance des liquidités en présence sur la planète et la crainte d’une crise. Il y a probablement beaucoup trop d’argent par rapport à la production réelle de valeur.